
De nombreux enfants dès la maternelle, un peu en primaire, mais surtout au collège vivent des situations de harcèlement. Parfois de courtes durées, parfois sur des semaines ou des mois avec des moqueries, des insultes, des humiliations, des coups, une mise à l’écart. Cela est terriblement douloureux et destructeur.
Même quand les parents savent ce qu’il se passe, ce n’est pas simple d’agir. Certaines écoles sont très réactives et efficaces sur le sujet, faisant même de la sensibilisation préventive. D’autres ont beaucoup plus de mal à reconnaitre la gravité de ce qui se passe et à trouver des solutions. La réalité est qu’il est difficile de faire cesser le harcèlement. Changer d’école est une solution qui peut être envisagée quand la souffrance est importante et que l’enfant le souhaite. Mais j’ai constaté que le harcèlement peut se reproduire ailleurs, si c’est juste une solution mécanique. Les situations de harcèlement sont alimentées par la peur et la vulnérabilité / sensibilité. Donc un enfant a besoin d’être accompagné pour se renforcer et faire face à sa peur de façon saine. Grandir en estime de soi, gagner en confiance, apprécier ses capacités et ses talents … sont les meilleures protections contre le harcèlement.

Pour guider les parents, les aider à aider leur enfant et à ne aggraver la situation (hélas c’est possible même avec de très bonnes intentions), je m’appuie sur le travail d’Emmanuelle Piquet. Elle donne toutes les clés utiles pour comprendre et agir.
Quand c’est possible, c’est d’abord à l’enfant / à l’ado qu’on va proposer de reprendre les choses en main. Dans son livre, 15 récits d’enfants harcelés trouvent des idées, des solutions (exemples réels) pour s’en sortir la tête haute, plus forts et plus confiants. Il s’agit d’aider l’enfant à trouver et à mettre en action sa propre stratégie de parade avec une sorte « d’effet boomerang » sur le harceleur. Ce livre est à lire pour les parents et les enfants concernés. Je le prête régulièrement …
Le livre aborde des cas variés et dépasse le cadre qu’on imagine habituellement du harcèlement. Par exemple, Jean-paul 13 ans « Dans la cour, ils ne me lâchent jamais »
Juliette 14 ans « Je rate toutes mes évaluations », Louis 12 ans « tout le monde préfère ma soeur », Dorian 14 ans « ils disent tous que je suis gros et moche », Nora 14 ans « en maillot sur facebook », Mathieu 11 ans « j’ai trop peur du prof de maths », Manon 12 ans « Je suis celle qu’on prend et qu’on jette comme un kleenex », Suzanne 11 ans « mon amie ne m’aime plus » …