Cela fait 10 ans que j’accompagne des enfants avec un diagnostic de TDA ou TDAH ou ayant des troubles DYS. Je les ai connu(e)s en maternelle ou en primaire. J’ai entendu les parents me répéter les commentaires des instituteurs sur le manque de capacités de ces enfants à poursuivre des études au collège (la fameuse 6ème). Je ne parle même pas du lycée qui semble une montagne inatteignable.

Et bien aujourd’hui je peux témoigner qu’ils/elles ont traversés le collège et même le lycée. Certains sont même déjà en BTS ou en fac. Les pessimistes ont eu tort. Les parents qui ont tenu bon ont eu raison. Ces enfants ont de vraies et grandes capacités, avec de l’accompagnement et beaucoup de soutien, ils peuvent avancer autant que les autres à leur façon. Même si cela nécessite beaucoup d’attention et d’énergie de la part de leur entourage, c’est-à-dire surtout des parents, souvent les mamans que je vois tenaces et endurantes. Ils sont un peu comme le lait sur le feu. Il vaut mieux garder un œil pour agir avant que ça déborde. Parce que les turbulences émotionnelles prendront trop de place surtout à l’adolescence.
Début 2025, j’ai pris connaissance d’une étude du CHU de TOURS service de neuropédiatrie conduite par le professeur Pierre Castelnau : étude sur les apports de l’hypnose pour les enfants TDAH. Cette étude a confirmé la démarche dans laquelle je travaille depuis longtemps. L’hypnose ne guérit pas, ni le trouble TDA mais

L’hypnose peut faire beaucoup :
- Le TDA ou TDAH n’est pas qu’un problème de l’attention, c’est aussi un excès d’activité du « réseau par défaut » du cerveau, ce qui crée beaucoup de pensées vagabondes … l’hypnose peut aider à canaliser / apprivoiser toutes ces pensées/images/sensations.
- Le TDA(H) crée aussi une difficulté à construire sa personnalité et à se structurer… l’hypnose peut permettre de créer un espace ou l’évolution se fait mieux et tranquillement.
- Les difficultés au quotidien et les critiques inévitables de l’entourage abaissent l’estime de soi et le niveau de confiance. Du fait de leurs comportements, ces enfants font souvent face à de nombreux échecs (peu d’amis, difficultés scolaires, incompréhensions de la famille élargie …). L’hypnose est alors un outil puissant pour compenser et développer estime et confiance de soi.
Cette étude concerne bien les enfants avec un TDAH mais certaines problématiques se rejoignent avec celles de enfants ayant un ou des troubles DYS, en tout cas, avec certitude, en ce qui concerne le manque d’estime de soi et de confiance qui est précisément le point central sur lequel l’hypnose est utilisée.
L’étude démontre que l’hypnose est une technique complémentaire très efficace …
Dans le cadre de l’étude, les enfants ont suivis 7 séances d’hypnose sur quelques mois : des séances d’une heure composées de 30 minutes d’hypnose conversationnelle et de 30 minutes d’hypnose ericksonienne basées sur des contes métaphoriques. Cela a été testé sur des enfants / ados de 7 à 16 ans.
Les médecins ont mesuré avec des questionnaires le niveau d’estime de soi (note sur 10) et le niveau de maturité (âge) au début, pendant et jusqu’à deux ans après les séances pour valider les bénéfices sur ces deux objectifs. C’est une véritable étude médicale en double aveugle, c’est-à-dire qu’un groupe d’enfants a eu des « fausses » séances d’hypnose sans suggestion positive pour pouvoir comparer les résultats. En moyenne l’estime de soi augmente de 4 à 8 sur 10 ce qui est juste énorme. Et le gain de maturité est de 4 à 5 ans ce qui est aussi impressionnant. Le suivi sur 2 ans montre que ces résultats sont durables, ce n’est pas un effet de « doping » à court terme ! L’étude a montré que les meilleurs résultats sur le développement de l’estime de soi se font à partir de 11 ans.
Des objectifs différents en fonction de l’âge
L’étude prend l’image de la construction d’une fusée pour illustrer les étapes dans lesquelles l’enfant TDA(H) a davantage besoin de progresser.
- de 15 à 18 ans : forger la motivation
- de 11 à 14 ans : rétablir l’estime de soi / confiance
- de 7 à 10 ans : stimuler l’attention
L’hypnose va suivre ce chemin en s’adaptant au contexte et au caractère particulier de l’enfant. Il est possible de commencer dès 3 ou 4 ans si nécessaire notamment sur les aspects émotionnels. Pour les enfants souffrant de troubles DYS, il y a d’autres points spécifiques à prendre en compte sur le premier étage de la fusée.

L’hypnose, un domaine dans lequel il/elle est doué(e) !
L’hypnose demandant une grande participation de l’enfant, certains parents craignent que leur enfant; du fait de ses difficultés, n’y arrive pas ou doive encore fournir de gros efforts pour y arriver. C’est tout le contraire ! Ce sont des enfants naturellement doué et à l’aise. L’hypnose utilise le langage de l’inconscient qui est l’imagination … et la leur est riche et foisonnante. Les pensées vagabondes qui sont problématiques à l’école deviennent des amies, des ressources, du matériaux de construction …
L’enfant apprend « à surfer » dessus pour améliorer lui même son mieux-être. Il/elle renforce de ce fait les sentiments de contrôle, d’efficacité et de sécurité essentiels au meilleur développement possible. En plus d’augmenter ses capacités de concentration et d’attention, cet apprentissage lui permet d’être plus autonome, et de développer (si c’est un besoin) des outils d’auto hypnose pour faire face à la plupart de ses difficultés. Des exercices très courts et très simples peuvent servir à diminuer le niveau d’anxiété mais aussi à canaliser/apprivoiser ses colères/frustrations, limiter son impulsivité, augmenter sa durée de concentration dans ses apprentissages.

TDAH ou DYS : Des enfants bourrés de talents avec UN talon d’Achille
UN talon et DES talents ! L’équipe du CHU insiste beaucoup sur la nécessité de les aider à identifier et à développer leurs talents. C’est le troisième étage de la fusée. Mais ça commence dès le plus jeune âge de les aider à aller là ou ils ont envie, de les aider à explorer de nouveaux domaines, d’encourager et de souligner leurs nombreuses capacités.
Ce sont des enfants/ jeunes intelligents qui ont beaucoup de talents. L’étude a observé que le fait d’être intéressés et même passionnés par ce qu’ils font, à partir de 15/16 ans peut même remplacer les médicaments qui favorisent l’attention.