Le terme de phobie scolaire est devenu courant, il est parlant même s’il est plus juste de parler de refus scolaire anxieux. C’est une peur démesurée de l’école qui conduit l’enfant à éviter toute confrontation avec le système scolaire (cours, enseignants, autres élèves…). Il n’existe pas de chiffres officiels concernant la phobie scolaire, mais on estime entre 3 et 5% le nombre de jeunes qui n’arrivent pas à aller en cours. Parmi les symptômes: crises d’angoisse, anxiété, panique… suivis parfois de douleurs physiques (maux de ventre, maux de tête, palpitations), de cris et/ou de menaces (suicide, fugue…).
La prise en charge est une urgence. De la rapidité de la mise en place de l’accompagnement dépendra la suite.
Si le suivi est initié dés l’apparition des symptômes, le refus scolaire anxieux peut durer quelques semaines
si cela tarde plus de 6 mois, cela peut perdurer des mois voire des années.

Un témoignage : «Tout a commencé l’année dernière en 6ème, après les vacances de la Toussaint. Nous avons été appelés par le collège car notre enfant avait mal
au ventre. Il a été régulièrement malade, fatigué, il allait à l’infirmerie…
jour apres jour, il allait de moins en moins au collège. Les absences ont été
régulières et parfois plusieurs jours ou semaines et nous avons récupéré les
devoirs uniquement dans certaines matières. Les vacances ça s’améliore
surtout l’été. Ce qui nous attend à la rentrée, c’est la même chose. Les mois
passent… le collège nous convoque régulièrement : ils ne savent plus quoi
faire… nous non plus. Certains aident et encouragent, d’autres font des
commentaires lorsque notre enfant arrive enfin à venir en classe, lui disent
que c’est des caprices et il le vit comme un drame. Le psychologue parle de
phobie sociale, d’immaturité, de difficultés de séparation… ça fait déjà 10
mois que notre enfant ne va presque plus à l’école…»
Les signes du début du refus scolaire anxieux
- Absences régulières de quelques jours / demi journées
- Anxiété anticipatoire (fin du week-end et fin des vacances)
- Fluctuation des symptômes (vacances/juin-septembre)
- Manifestations physiques (maux de ventre / mal de tête / malaise, eczéma, insomnies…)
- Enfant/ado ne sait parfois pas dire ce qui l’empêche, de quoi il a peur – il a envie d’y aller mais ne « peut » pas.
- Difficultés qui changent l’organisation familiale / besoin de beaucoup de soutien
- Conflit ou tensions importants au moment des crises
- L’enfant veut faire école à distance CNED
- Replis au domicile → risque de rupture progressive avec l’extérieur
- Parfois une dévalorisation « je suis nul(le) », un état déprimé/dépressif voire des « idées noires »
Le refus scolaire anxieux est le sommet de l’iceberg, en dessous on peut trouver un contexte de harcèlement, des troubles dys ou un TDAH qui n’est pas diagnostiqué ou suffisamment accompagné, un profil HPI, des difficultés familiales et toujours un profil anxieux. 5 profils anxieux ont été identifiés :
- anxiété de séparation : L’école représente la séparation quotidienne. L’enfant ne peut tolérer l’éloignement de sa mère/ses parents. Il a la crainte que quelque chose de grave arrive au parent.
- agoraphobie : Peur intense des espaces publics, des foules ou des lieux dont on ne peut s’échapper facilement ou obtenir de l’aide. L’école est perçue comme un espace public contraint, collectif, dont on ne peut sortir librement.
- émétophobie : Peur intense, irrationnelle et invalidante de vomir ou de voir quelqu’un vomir. L’école expose à des situations « à risque » (gastro-entérites, stress provoquant des nausées, repas collectifs)
- anxiété sociale : Peur intense du jugement d’autrui, de l’humiliation publique ou de l’évaluation négative par les pairs ou les adultes. L’école est perçue comme une scène d’exposition permanente au regard des autre (évaluations, récréations, interactions).
- anxiété de performance : Peur intense de l’échec, du jugement sur ses compétences, perfectionnisme pathologique. L’école devient le lieu de l’échec annoncé, de la confrontation à ses limites, du jugement permanent. L’enfant préfère éviter plutôt que de risquer l’échec
Vous pouvez trouver des informations sur le site www.phobie-scolaire.org –
J’ai déjà accompagné une trentaine d’enfants dans ce type de situation (en complément d’un médecin et d’un psychologue). La plupart ont retrouvé le chemin de l’école au bout de quelques jours jusqu’à quelques semaines. Ce sont ceux qui ne s’en était pas éloigné trop longtemps. Certains ont eu un long parcours de plus d’un an avec le soutien d’un hôpital de jour le temps de se reconstruire et sont retournés à l’école. Certains ont passés des diplômes à distance et ont démarré leur vie d’adulte normalement.
J’insiste sur le fait que plus le temps passe, plus il devient difficile pour votre enfant ou votre ado de se remettre en mouvement. Jusqu’à quelques semaines, ça passe, ensuite quand des mois, une année ou plus se sont écoulé loin de l’école, les anxiétés se renforcent en boucle. C’est pourquoi je conseille, de chercher rapidement de l’aide pour votre enfant et pour vous. Il/elle fait de son mieux, tout ça le/la dépasse et vous aussi. Un ou des professionnels quel qu’il soit est indinspensable.
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